Histoire et patrimoine du village

Histoire du village

Camaret-sur-Aygues est une cité de 4700 habitants, située à 6km à l'est d'Orange.

L'ancienne route des Princes d'Orange relie le village à Vaison-la-Romaine. On a retrouvé un ancien lieu de culte datant d'environ 2000 ans avant Jésus-Christ sur la butte Saint Martin, à la sortie du village. Tombes et divers silos témoignent de la présence humaine à cette époque sur Camaret-sur-Aygues. Les Romains ont également occupé les lieux dans le quartier des temples. Les restes d'une villa ont été mis à jour (vaisselle romaine).

En 876, Camaret-sur-Aygues fait partie du Marquisat de Provence.

Puis, vers 1418, il est rattaché à la Baronnie de Sérignan.

Vers 1563, le village subit l'assaut des troupes calvinistes de Montbrun repris par Serbelloni, légat du Pape, et ses troupes Italiennes. Ainsi Camaret-sur-Aygues passera tantôt entre les mains des Huguenots, tantôt entre celles des catholiques, jusqu'à la fin du XVIe siècle.

Sous la révolution, la guillotine sévira grandement à Camaret-sur-Aygues.

Présentation du village

Au Moyen-Age, le village était entouré de remparts et d'un fossé large de 3m dans lequel les eaux étaient introduites lorsque l'on redoutait une attaque.

De nos jours, il ne reste plus que quelques vestiges. Une ceinture bordée de platanes a remplacé les fortifications, on pénètre au centre du village par la grande porte protégée par un Ravelin, au nord par la porte Carbonel, au levant par la porte des bérengiers et au couchant par la porte Jaubert.

Quelques chiffres en 2022

  • Code Postal : 84850
  • 4667 Camarétois
  • 794 familles avec des enfants
  • 2021 logements
  • 76% d'actifs entre 15 et 64 ans soit 2199 personnes
  • 245 entreprises enregistrées toutes confondues
  • Le sport à Camaret : 27,2% des habitants sont licenciés, contre 23,5% en PACA.
  • 2800 heures ensoleillées par an, moyenne nationale de 1973 heures par an

Anecdote

L'appellation viticole Plan de Dieu à laquelle Camaret est fière d'appartenir tirerait son nom du Moyen-Age ou la région alors emplie de brigands et autres personnes peu fréquentables, nécessitait de recommander son âme à Dieu avant de la traverser.

Monuments

Le Ravelin

Nombreux villages fortifiés possédaient des revelins (ou ravelins) pour défendre l'entrée principale.

Cet ancien poste de garde était à l'origine composé de deux tours. Une voûte fut rajoutée, en 1683, et permit l'installation de l'horloge.

Le Ravelin donnait seul passage aux charrettes, les autres portes du village étant trop étroites.

En 1696 la construction s'effondra et fut reconstruite en 1708. À ce même moment fut construit, entre la porte et le rempart, l'Hôtel de Ville, qui demeura  ainsi jusqu'aux années 1930.

En 1750, après un nouvel effondrement, on érigea un campanile en fer forgé capable de soutenir une cloche, qui est aujourd'hui classé parmi les monuments historiques.

Au début du XXème siècle, l'une des deux tours du Ravelin servit de prison pour les auteurs de menus larcins.

 

La Maison Bèque

Joseph Esprit Lambert, fermier général de la Baronnie de Sérignan, construit cette demeure en 1750.

Une première partie de la maison abrita l'école des garçons jusqu'en 1960, alors que la seconde resta privée jusqu'à son rachat par la municipalité.

Gypserie, moulures, plafond à la Française ainsi qu'un superbe escalier suspendu avec sa rampe d'époque : cette demeure a gardé tout le prestige des bastides du XVIIIè siècle. Elle est aujourd'hui consacrée à des activités culturelles et abrite entre autre la bibliothèque.

 

L'église Saint Andéol

Cette église paroissiale fut construite entre 1763 et 1780 sur les bases d'une ancienne église datant du XVIè siècle. Cette dernière avait été endommagée pendant les guerres de religion. La nouvelle église fut bénie en 1780.

Autrefois, l'église possédait une ornementation baroque propre aux églises du Comtat (fresques, mobiliers en noyer, en fer forgé, autel du XVIIIè siècle...) seul subsiste un ex-voto original et authentique. Il se trouve dans la sacristie, et était destiné à être porté à la chapelle Notre-Dame de Santé, à Carpentras le 3 juillet 1791, en remerciement à la Vierge pour sa protection pendant le siège de cette ville.

Sa façade, de style classique, du XVIIIè siècle est d'un bel ordonnancement. Longue de 22m et d'une hauteur de 14,80m, la nef de cette église est éclairée par de hautes fenêtres garnies de vitraux, remis en état par Jacques Bourdeau en 1991.

 

La place de l'église : la fresque de l'artiste Lievore

Inauguré en 2001, cette fresque est une œuvre originale du sculpteur contemporain Vincent Lievore. Outre l'hommage rendu aux victimes de la guerre, l'œuvre représente une rétrospective symbolique du XXè siècle, débutant dans l'horreur de la guerre mondiale et s'achevant dans la paix et l'espoir ; espoir symbolisé par le miroir qui reflétera ce que nous et nos enfants feront du XXIè siècle.

 

La Tour Sarrazine

Haute d'environ 18m, construite en pierre calcaire molassique, cette tour médiévale date approximativement du XIIIè et XIVè siècle. Nous ne connaissons pas exactement son origine.

Elle aurait eu, au départ un rôle défensif. Son architecture aurait par la suite évoluée, cette tour serait devenue une résidence seigneurale.

Elle est composée de trois étages, avec pour chacun ses propres caractéristiques. On peut noter au premier deux baies écrasées qui présentaient un caractère défensif symbolique, une salle de prestige avec sa cheminée du XIVè se trouvaient au second étage. On remarque la présence d'un coup de sabre au troisième étage, qui reste jusqu'à aujourd'hui non-interprété.

La toiture, qui fait office de quatrième étage, a été construite avec une légère inclination vers le sud, pour permettre l'écoulement des eaux de pluie.

En 1615 des réparations sont effectuées et trois siècles plus tard la tour devient l'abattoir de la commune.

 

La Chapelle Saint Andéol

La Légende

« Louis XI et son cheval, de passage à Camaret en 1447 seraient, selon la légende, à l'origine de la construction de cette chapelle.
Arrivés, sur la commune de Camaret, le cheval de Louis XI commença à gratter obstinément le sol et permit de découvrir une relique de Saint Andéol.
La chapelle fut construite pour honorer la relique. »

 

L'Histoire

Elevée sur les restes d'une chapelle du VIIème siècle, la chapelle Saint Andéol date du XIIè siècle.

Trois âges successifs se dessinent sur la façade :
- Le VIè et le VIIè avec leurs pierres bien appareillées
- Le XIIè et XVè dans la partie la plus haute de l'édifice (dont le clocheton)

A l'intérieur de la chapelle, la voûte en berceau avec ses ornements témoignent de la beauté de l'Art Roman.
En 1583, il est fait mention d'un cimetière autour de la chapelle.
Une compagnie des pénitents blancs occupa les lieux au XVIIème et XVIIIème siècle. La chapelle fut par la suite vendue à des familles Camarétoises.

En 1993, elle est restaurée et aménagée, la chapelle devient alors un espace culturel (expositions) et point d'information tourisme. Elle demeure un édifice religieux et consacré, la Saint Andéol y est commémorée chaque année le 1er dimanche de mai.

 

La Chapelle Saint-Coeur de Marie

Construite en 1836, par Mademoiselle Adélaide Reboul, cette chapelle fut léguée aux catholiques en 1860.

Cette chapelle est située à l'extérieur du village et est dédiée à la Sainte Vierge.

Jusqu'aux environs de 1960, les paroissiens de Camaret s'y retrouvaient tous les soirs du mois d'Août pour la récitation du chapelet.

 

La place des Félibres

Ces lieux que l’on avait coutume de nommer « place de la Poste » sont chargés d’histoire. Les fins connaisseurs du passé camarétois savent que c’est ici que se trouvait l’ancien hôpital de la commune, dont l’existence est attestée par les archives dès le XVIè siècle et qui est ensuite devenu, à la fin du XIXè siècle, un hospice pour vieillards qui fonctionnera jusqu’à la première moitié du siècle dernier avec une réputation d’établissement de qualité, tenu par des religieuses dévouées. En 1914, notre historien local, Constant Latour, pouvait écrire à ce sujet : « Que les personnes impatientes d’hériter évitent de placer leurs vieillards à l’hospice de Camaret ; ce serait la ruine de leur convoitise. Ils y deviendraient centenaires ».

Ces bâtiments ont ensuite abrité une école communale que certains Camarétois ont connu.

Quelques bâtiments sont les derniers témoins de ces anciennes occupations.

C’est donc peu dire que la mairie a pris le temps de réfléchir et de mûrir ce projet de réaménagement pour garder à cette place une authenticité, une identité et un enracinement camarétois et provençaux.

Aux prémices de la réfection de cette place en 2021, la mairie de Camaret a tenu à consulter, bien en amont, l’architecte des bâtiments de France. Accompagné de leur architecte, les discussions furent ardues et les négociations difficiles. Finalement, avec quelques concessions de la part de la mairie, ce projet de place provençale a pu se réaliser. 

Cette place est désormais un lieu de rencontre et de convivialité pour les Camarétoises et les Camarétois de toutes générations. La municipalité y organise régulièrement des animations et des festivités l'été.

Mais cette place est aussi destinée à accueillir les touristes. Dès le départ, la mairie a travaillé avec la Communauté de Communes Aygues Ouvèze en Provence pour que ces lieux soient le moyen d’une mise en valeur de nos atouts touristiques et de nos productions locales. C’est ainsi qu’est née l’idée de la Maison des Vins et des Produits du terroir et d'un local vélo. Pour plus d'informations : https://www.camaret.org/fr/tourisme/maison-des-vins

Cette place, par son histoire, par la qualité des travaux et des aménagements qui viennent d’y être réalisés, par le lieu d’accueil touristique et de mise en valeur de nos productions viticoles et agricoles locales, est enracinée dans notre identité provençale.

C’est pourquoi, le Conseil municipal a approuvé la proposition qui avait été faite par Monsieur le Maire Philippe de Beauregard de nommer ce nouvel espace communal : Place des Félibres.

Le mouvement du Félibrige est fondé en 1854, le 11 mai, en la fête de Sainte Estelle, par sept jeunes poètes et écrivains provençaux : Frédéric Mistral, Joseph Roumanille, Théodore Aubanel, Jean Brunet, Paul Géra, Anselme Mathieu et Alphonse Tavan.

Les fondateurs veulent en faire un mouvement littéraire, une académie, une philosophie, une école militante au service de la culture et de la langue provençales et de la langue d’Oc ainsi que Mistral en avait pris la résolution très jeunes (citation) : « je pris la résolution : premièrement de relever, de raviver en Provence le sentiment d’appartenance que je voyais s’annihiler sous l’éducation fausse et contre-nature de toutes les écoles ; secondement, de provoquer cette résurrection par la restauration de la langue naturelle et historique du pays, à laquelle les écoles font toutes une guerre à mort, troisièmement, de rendre la vogue au provençal par l’influx et la flamme de la divine poésie ».

L'inugauration de cette place des Félibres s'est déroulée le 13 juillet 2021 en présence de plus de 400 personnes.