Cérémonie commémorative des massacres d'Oran 05-07-2026

Cérémonie commémorative des massacres d'Oran 05-07-2026

Le 5 juillet 1962 restera la date d’une tragédie pour les Français installés en Algérie lorsqu’elle était française. Une partie importante de la population française a été victime de violences et massacres ce jour-là.
 
Retour en images sur la commémoration qui s'est déroulée ce dimanche 5 juillet à Ville de Camaret-sur-Aygues en présence de nombreux élus et d'associations patriotiques.
 
Ni oubli, ni pardon !
 
Retrouvez le discours prononcé par Monsieur le Maire
 

« Le 5 juillet 1962 restera la date d’une tragédie pour les Français installés en Algérie lorsqu’elle était encore française. Une partie importante de nos concitoyens a été victime de violences et massacres ce jour-là.

Le 5 juillet 1962 il reste à Oran, environ 100 000 Français. Les accords d’Évian du 18 mars 1962 ont fixé la date du cessez‑le‑feu au 19 mars entre le FLN et la France et le principe d’indépendance de l’Algérie.

À compter de cette date, massacres de harkis abandonnés par la France, enlèvements d’hommes et de femmes et même d’enfants, contraints de traverser des quartiers musulmans pour se rendre à leur travail, se multiplient faute de protection militaire. Dès lors, la population civile française terrorisée comprend la fragilité de son statut défini par les accords d’Évian et sa vulnérabilité : la seule issue est alors l’exode massif en métropole. Pour les européens et les Juifs d’Algérie, c’est le moment de choisir : « la valise ou le cercueil », car une véritable épuration ethnique orchestrée par le FLN va débuter.

Le 3 juillet 1962, après le référendum organisé en Algérie quelques mois auparavant, le Général De Gaulle reconnaît officiellement l’indépendance de l’Algérie et le transfert de la souveraineté à l’exécutif provisoire algérien.

La proclamation de cette indépendance est prévue pour le 5 juillet, date du 132ème anniversaire de la prise d’Alger par les Français en 1830. Cette journée tragique sera à jamais inscrite dans l’histoire, écrite à l’encre du sang d’innocents, lynchés sur la place d’armes d’Oran, tués à coup de fusils ou de couteaux. Les témoignages recueillis sont accablants ; les chiffres varient de plusieurs centaines à plusieurs milliers de victimes.

À la douleur des souffrances vécues, s’est ajoutée au fils des ans, la douleur de l’inacceptable oubli de ce massacre. Ce massacre collectif, rendu possible par une passivité complice au plus haut niveau de l’État, a volontairement été occulté par les protagonistes qui n’avaient aucun intérêt à dire la vérité. J’appelle ça du négationnisme.

Aujourd’hui, de là où nous sommes, refusons d’oublier.

Il y a quatre ans, nous avons inauguré la contre-allée du 5 juillet 1962, 60 ans jour pour jour après les massacres d’Oran.  

Nous refusons le silence assourdissant qui a trop longtemps entouré cette partie tragique de notre histoire. Nous choisissons de nous souvenir de ce jour, et d’honorer la mémoire des nombreuses victimes, de leurs familles et de leurs amis.

Enfin, avant de conclure, permettez-moi d’avoir un mot pour Christophe Gleize, journaliste sportif français injustement emprisonné dans les geôles algériennes.

En juin 2025, après treize mois de contrôle judiciaire, il a été condamné à sept années d’emprisonnement par le tribunal de Tizi Ouzou, une peine confirmée en appel le 3 décembre 2025. Si nous pouvons naturellement nous réjouir de la libération de l’écrivain Boualem Sansal, nous ne pouvons rester indifférents au sort réservé à Christophe Gleize. Nous avons décidé d’afficher son portrait sur le panneau d’information numérique installé devant le stade du moto-ball, ce portrait restera tant que durera sa détention.

Depuis plusieurs années, les autorités algériennes multiplient les provocations et les marques d’hostilité à l’égard de la France. Cette situation ne saurait perdurer. Il est temps de mettre un terme à cette relation déséquilibrée et d’adopter une position de fermeté face aux agissements du régime algérien.

Le régime d’Alger doit reprendre ses ressortissants faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), récupérer les individus radicalisés ou délinquants que la France cherche à éloigner, cesser les attaques et les insultes à l’encontre de notre pays, et mettre fin à l’emprisonnement de ses opposants. Il doit prendre ses responsabilités. Quant à nous, nous devons à nos compatriotes de faire vivre encore leur mémoire, et de ne jamais oublier le 5 juillet.

Telles sont les conditions indispensables au rétablissement d’une relation entre nos deux nations.

Merci pour votre attention. »